La malaria en Tanzanie
- 30 avr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mai
Un combat du quotidien
En Tanzanie, la malaria (ou paludisme) reste une réalité bien présente, même si les progrès réalisés ces dernières années sont encourageants.
Transmise par les piqûres de moustiques, cette maladie touche particulièrement les enfants et les femmes enceintes, surtout dans les zones rurales, et demeure un enjeu majeur de santé publique.
C'est la forme la plus grave, causée par le parasite Plasmodium falciparum transmis par les moustiques femelles Anopheles, qui est présente majoritairement dans le pays.

Aujourd’hui encore, près de 90 % de la population tanzanienne vit dans des zones à risque, et la malaria représente une des premières causes de maladie et de décès dans le pays.
La Tanzanie fait partie des dix pays enregistrant le plus grand nombre de cas de décès liés au paludisme, avec 7.4% des décès par an. Ces chiffres varient en fonction :
des années, plus ou moins pluvieuses avec des phénomènes climatiques comme El Nino qui a entrainé d'abondantes précipitations,
des saisons, essentiellement la grande et la petite saison des pluies qui favorisent le développement des moustiques,
des régions, en particulier les zones rurales et près des lacs qui sont les plus touchées
de l'âge, avec les enfants qui sont les plus atteints.
Ainsi la mortalité peut monter jusqu'à 20-30% chez les jeunes enfants dans les zones endémiques, comme la région de la Kagera où travaille Partage Tanzanie.
Prévention et traitements : des actions concrètes
C'est pour cette raison que la santé et la lutte contre la malaria ont fait partie des priorités absolues pour Partage Tanzanie dès le début de son action il y a plus de 35 ans. L'association a été pionnière pour mettre en place un programme de prévention dès 1998 basé sur l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, et ce dans tous les villages pris en charge. Les familles ont été parties prenantes de ce programme et chacune a été formée à l'assainissement de sa maison et de ses parcelles pour éviter la prolifération des moustiques.
Au début des années 2000, Partage Tanzanie a également investi dans des moyens médicaux performants pour diagnostiquer et soigner :
des traitements à base d'artémisinine en complément de la chloroquine
des petits laboratoires dans quelques villages pour un diagnostic rapide et fiable
des salles d'urgences dans tous les villages pour permettre le traitement immédiat des personnes infectées et réduire la transmission du parasite, ainsi que diminuer les cas de décès.
Ces actions ont porté leur fruits et la mortalité des enfants et des adultes dans les familles aidées par Partage Tanzanie a chuté drastiquement.
Une maladie en recul, mais toujours présente
A l'échelle nationale, le gouvernement tanzanien a reçu l'aide financière d'organisations internationales comme le "Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme" et USAid via le "U.S. President’s Malaria Initiative", pour mettre en place des campagnes de distribution massive et gratuite des moustiquaires imprégnées à l'ensemble de la population à partir de 2008. Le ministère de la santé a également généralisé l'utilisation des traitements antipaludiques à base d'artémisinine (ACT). Ces mesures ont permis de faire diminuer notablement la prévalence de la malaria dans l'ensemble de la population tanzanienne. Mais de nouveaux défis apparaissent, avec une résistance croissante des moustiques aux insecticides, ainsi que l'impact du changement climatique avec la hausse des températures et la modification des régimes pluviométriques qui élargisse l'aire de répartition géographique du moustique Anopheles.
Un combat qui avance grâce à vous
La malaria reste donc présente, malheureusement, bien qu'elle soit devenue moins fréquente et moins impactante. Sur le terrain, les équipes de Partage Tanzanie continuent le travail de prévention auprès des enfants et des familles car la vigilance reste indispensable.
Malgré tout, les progrès réalisés dans le domaine de la santé ont permis de déplacer la priorité vers l'éducation.
Grâce à votre soutien, Partage Tanzanie peut continuer à agir concrètement, en protégeant les enfants et en accompagnant les familles. Et si la santé reste un enjeu essentiel, voir l’éducation prendre aujourd’hui une place plus importante est un signe fort : celui d’un avenir qui se construit, jour après jour.



Commentaires