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La lettre d'Anuciatha

  • 29 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 19 heures

Bukoba, 9 juin 2026. Une jeune femme pousse la porte du bureau de Partage Tanzania et dépose une lettre. Elle s'appelle Anuciatha Byera. Elle a 20 ans. Et elle vient de terminer l'équivalent du baccalauréat.


Anuciatha est née en 2006 à Ishozi, dans la région Kagera. Elle a perdu ses deux parents à l'âge de 4 ans, et c'est Partage Tanzanie qui l'a prise sous son aile dès 2013, alors qu'elle était encore en primaire.


En décembre 2016, à 10 ans, elle fugue. Retrouvée huit mois plus tard à Bukoba dans une situation précaire au sein d'une famille de commerçants, où sa grand-mère l'avait envoyée travailler en échange d'argent. Elle est accueillie au centre de renutrition de Partage (appelé NURU), soignée, puis raccompagnée vers l'école — et vers l'avenir.


Ce qui s'est passé ensuite, c'est Anuciatha elle-même qui le raconte, dans une lettre écrite de sa main et déposée à notre bureau de Bukoba le mois dernier. Nous vous avons traduit sa lettre en français littéral pour préserver ses paroles originales, et ajouté quelques informations de contexte ensuite.


Première partie de la lettre d'Anuciatha
Seconde partie de la lettre d'Anuciatha



Traduction de la lettre d'Anuciatha


Partage Tanzania

B.P. 1404 — Bukoba

9 juin 2026


Chers travailleurs de l'Organisation Partage,

Bonjour.


J'espère que vous allez bien et que vous continuez à veiller à ce que tous les orphelins reçoivent ce dont ils ont besoin. De mon côté, je vais bien également.


La raison principale pour laquelle je vous écris cette lettre est de vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi jusqu'à ce niveau que j'ai atteint. Je me souviens que vous avez commencé à me soutenir en 2013. Vous avez pris grand soin de moi de la primaire un à la primaire quatre. En décembre 2016, j'ai quitté Ishozi pour aller chez ma grand-mère maternelle en raison de circonstances inévitables. Je suis allée à Bukoba où j'ai vécu chez une femme musulmane comme son enfant. Grâce à votre amour pour moi, vous m'avez cherchée partout jusqu'en août 2017, quand vous m'avez retrouvée. À ce moment-là, vous m'avez conduite au centre pour orphelins NURU où j'ai reçu de bons soins en tant qu'être humain. Vous m'avez ramenée à l'école pour commencer la primaire cinq à l'école secondaire de Kigarama. J'ai réussi à terminer le niveau primaire, puis vous m'avez emmenée à l'école secondaire de Kanyigo pour suivre un cours court d'anglais qui pouvait m'aider à étudier l'enseignement secondaire. Lorsque j'ai terminé la première forme, vous m'avez emmenée à l'école secondaire de Katoke-Lweru où j'ai complété le niveau ordinaire de l'enseignement secondaire. Je remercie Dieu parce que j'ai réussi l'examen national et j'ai été sélectionnée pour étudier le niveau avancé de l'enseignement secondaire à l'école secondaire de Kagoma, où il n'y avait pas assez d'enseignants. Alors j'ai été transférée à l'école secondaire de Bwabuki où j'ai terminé le niveau avancé de l'enseignement secondaire. À présent, j'ai terminé et nous avons passé l'examen national. J'espère réussir avec mention par la grâce de Dieu.


Mes remerciements particuliers vont à ma mère mentore, Rosemary Machulano, qui a décidé de prendre soin de moi comme de son enfant. Que Dieu la bénisse, car je n'ai aucun parent chez qui je pourrais vivre lorsque le centre pour orphelins NURU a fermé. Que les bénédictions de Dieu soient aussi sur M. Philipo Clenin, qui est le responsable de tout au sein de l'Organisation Partage.


Enfin, je vous demande de continuer à me soutenir afin que je puisse aller à l'université. Et je vous promets de travailler dur à l'université afin de réussir toutes mes études. Lorsque j'aurai accès à un emploi, que Dieu me bénisse et me donne la force d'aider d'autres orphelins comme l'Organisation Partage l'a fait pour moi.


Votre fille en parrainage,

Anuciatha Byera


Elle y retrace, école par école, chaque étape de son parcours. Elle remercie Rosemary, sa mère mentore, qui l'a accueillie quand le centre de renutrition NURU a fermé. Elle remercie Philippe Krynen, elle remercie Partage Tanzania. Et elle fait une promesse : travailler dur à l'université, et un jour — à son tour — aider d'autres orphelins.

Elle rêve de faire de l'ingénierie informatique. Les résultats d'affectation sont attendus.

Nous les attendons avec elle.


C'est pour des moments comme celui-là que Partage Tanzanie existe depuis 35 ans. Pas seulement pour donner à manger, soigner, scolariser mais pour qu'un enfant qui n'avait plus personne puisse un jour se retourner sur son chemin, voir tout ce qu'il a accompli, et avoir envie de le faire à son tour pour d'autres.


Anuciatha n'aurait pas pu écrire cette lettre sans son parrainage.


Sans chaque parrain, chaque marraine, chaque ami de Partage Tanzanie qui a cru que cela valait la peine. Nous vous en sommes profondément et sincèrement reconnaissants cette lettre et aussi pour vous.


Deux photos accompagnent cette histoire : la petite fille d'Ishozi qui a intégré le programme il y a plus de dix ans, et la jeune femme souriante et fière lors de sa remise de diplôme de fin d'école secondaire. La même personne. Un monde de chemin parcouru.



Anuciatha est l'une des 2 000 histoires que vous rendez possibles. Si son parcours vous a touché et que vous souhaitez à votre tour accompagner un enfant comme elle, nous serions heureux de vous accueillir dans notre grande famille.



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